L’Histoire du Procédé

Qu’est ce qu’un p’titgris ?

Souvenez-vous

Le petit gris est l’escargot commun de nos jardins, beaucoup plus petit que le Bourgogne, mais tout aussi savoureux, quoique nécessitant une plus grande préparation.

Un p’tit gris, c’est le surnom, se voulant méprisant, donnée par une certaine presse aux voitures transportant encore une majorité de banlieusards, au confort dépassé, mais toujours vaillantes.

Et ce surnom d’applique indifféremment à tous les matériels construits en Inox, donc gris. Automotrices Z5300, 6100,6400, mais aussi aux RIB (Rames Inox de Banlieue), RIO (Rames Inox Omnibus) ou RRR (Rames Réversibles Régionales).

     

Plusieurs fois modernisés, tous ces matériels accusent leur age, qu’ils s’agisse de confort comme de performances, les plus anciennes ont presque 50 ans, les plus récentes ont plus de 25 ans.

Et pourtant, l’apparition sur nos lignes de banlieue des ces matériels Inox est la marque de la reprise en main et de la modernisation des services suburbains par la SNCF.

Entre 1950 et 1970, l’emploi d’automotrices est le signe du renouveau de la banlieue parisienne, et outre ses qualités mécaniques propres, l’utilisation de l’inox est synonyme de modernité, voire même de prestige.

L’aventure commence dès 1937, avec les automotrices rapides Z3700, dites Budd.

(Budd étant le nom du procédé breveté de construction en inox calandré, assemblé par soudure électrique par points)

La construction reprend après la guerre, avec l’apparition dur la banlieue sud est, de la caténaire 1500 V, et des automotrices Z5100.

Et au fur et à mesure de l’électrification des banlieues, apparaissent des Zinox :

Z5300 sous 1500 V, Z6100, 6300 puis Z6400 sous caténaire monophasée.

A partir des années 1970, l’inox touche aussi les rames tractées, avec les RIB, puis les RIO, jusqu’en 1985, avec les RRR.

Double marque de modernité, voire de luxe, l’apparition de matériel Inox va de pair avec la progression des électrifications.

Mais alors, l’inox c’est pour la banlieue ? Certes non, d’autres matériels de même construction sont introduits sur nos lignes :

L’Autorail Budd, exemplaire unique, qui assurera longtemps la liaison train+avion « Flèche d’Argent » entre Paris Nord et Le Touquet, et qui permettra la mise au point des moteurs plats des EAD, avant de servir aux essais de grande vitesse.

Les voitures DEV A9 inox, assureront la « Flèche d’Or », en parallèle avec les prestigieuses « pullman » sur Paris-Calais (Londres).

Les voitures du «Mistral », seront construites selon le même procédé, ainsi que les voitures Trans Europ Express « PBKA ».

On le voit, rien que des rapides 1ère classe bénéficient de ces nouvelles voitures, c’est dire qu’avec les « p’tits gris », les pendulaires de la banlieue parisienne ont été traités (presque) comme des VIP.

Et à la construction de tous ces matériels, la société Carel Fouché Languepin, à Aubevoye (Eure), qui aura disparu, mangée par Alstom avant la réforme de ses productions.

Aujourd’hui, autres procédés de construction, progrès oblige, autres exigences de confort et de régularité des voyageurs, nos chers « p’tits  gris », rustiques et efficaces, s’effacent discrètement devant des matériels plus modernes, après presque un demi-siècle de bons et loyaux, mais discrets, services.

 

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